Récit d’un stage raté, 10 ans + tard

On a toutes connu au moins une fois dans notre vie « LE stage en entreprise », et la course à la recherche de l’employeur, qui décidera de nous choisir nous, pour les 6 prochains mois, et pas une autre. Des stages, j’en ai fait quelques uns, pas des tonnes, mais j’ai eu le temps d’être vendeuse de fringues, assistante commerciale dans une boîte d’impressions sur textiles, j’ai bossé dans la boîte de mon père, j’ai été Assistante RH en alternance, et puis j’ai été assistante communication aussi…

keep-calm-and-find-a-dream-job

Je me baladais aujourd’hui sur le site Linkedin (ahah passionnant n’est-ce-pas !!), lorsque je suis tombée  sur un profil de « co-fondatrice » d’agence de communication, et bizarrement, j’ai été prise d’un mal au ventre immédiat, mais je ne savais pas trop pourquoi. En réfléchissant quelques secondes, et en regardant à nouveau cette photo de profil, cet air prétentieux, et ce nom, affiché en gros sur mon écran, j’ai eu la révélation : ce profil sur lequel j’étais figé, et qui m’avait tant mis mal à l’aise était bien celui de celle qui m’avait recruté pour un stage d’assistante communication, et qui m’a pourrit la vie pendant plus de 2 mois… il y a plus de 10 ans déjà…

Certaines expériences marquent, mais celle-ci, croyez-moi, je ne l’oublierai jamais, pourtant 2 mois, ça n’est vraiment pas long, mais j’ai vécu un tel ENFER dans cette société que je ne souhaiterai même pas à mon pire ennemi de vivre un calvaire pareil, et rien que pour soulager mes nerfs (car j’ai envie hurler, et taper dans les murs juste pour me défouler), il faut que je vous raconte ce qu’il m’est arrivé, si moi je me suis laissé faire en fermant (à tort) mon bec, j’espère que vous, en lisant ceci, vous ne ferez pas la même erreur que moi si vous vous retrouvez dans ce genre de situation, qu’il s’agisse d’un stage, ou d’un CDI.

Pour revenir au début de cette histoire, je passais des entretiens afin d’intégrer idéalement une agence d’événementielle (pour un stage de 6 mois), et bingo, j’ai un entretien dans l’entreprise de mes rêves, certes, située super loin de chez moi, mais qui pourrait m’apprendre énormément de choses en comm. L’agence était tenue par 2 personnes (en couple), qui employaient  5 ou 6 salariés, au plus. J’ai passé les 3 entretiens avec brio, mais je sentais qu’à chaque fois, j’étais mise au défi par cette chef d’entreprise qui me taclait de manière sympathique (au début) lors de ces 3 rendez-vous… J’aurai dû me méfier dès cet instant, mais dans la joie d’être retenue, j’oublie les petits tâcles.

Je suis prise. Je démarre le stage le mois suivant. Et les ennuis commencent en même temps. Dès le premier jour, j’étais soit-disant mal coiffée (pas la bonne couleur de cheveux), mal habillée (pourtant en tailleur jupe !), et on m’a indiqué que la qualité première d’une bonne assistante comm, c’était de faire du bon café, et de savoir nettoyer correctement les cendriers (oui, Monsieur fumait comme un pompier). Je pensais que c’était une blague, mais au bout de quelques jours, 10 cafés préparés et 6 cendriers nettoyés, je me suis rendue compte que non, ça n’était pas une blague, on m’avait bien recruté pour faire le ménage et m’engueuler car il restait un peu de cendre collée par-ci par-là…

Les premiers jours ont été assez difficiles, je me contentais de faire la standardiste en transférant les appels, de nettoyer la vaisselle des autres oubliée dans l’évier, quelques photocopies, et c’est tout… Même en ne faisant que ça (Dieu que les journées étaient longues, croyez-moi), cette patronne réussissait à me convoquer dans son bureau pour m’assassiner verbalement, m’expliquant que je ne bossais pas assez, que les photocopies n’étaient pas assez foncées, et que pour me confier de vraies tâches de travail, elle devait avoir confiance en moi, ce qui n’était pas le cas. Je sentais que l’affaire était louche, et dès les premiers jours, je me retrouvais à me lever le matin avec un énorme mal au ventre, le mal de l’angoisse.

Pour vous en dire un peu plus sur cette femme, elle était complètement obsédée par la beauté (elle à même changé de prénom car le sien faisait trop out !), elle était jalouse de tout, de tout le monde, et elle s’enfermait dans son bureau avec ses copines « de la télé » pour écouter des chansons de dessins animés (oui, vous ne rêvez pas). Donc oui, effectivement, derrière mon standard, je voyais tout plein de célébrités passer, qui venaient boire un coup, fumer une clope (prendre un trait de coke), et confirmer leur présence aux événements organisés par l’agence, c’était cool, je pouvais raconter qui j’avais vu en rentrant à la maison. La plupart de ces « célébrités » étaient vraiment très agréables, polies, ayant toujours un mot gentil lorsqu’elles entraient au bureau, mais la mégère, elle, ne supportait pas, c’est un peu comme si elle souhaitait qu’on ne m’accorde aucun intérêt par ce que j’étais « au standard », et étant donné que personne de son entourage ne me méprisait, ça n’allait pas, alors elle s’est mis très rapidement à me glisser quelques mots rabaissants devant ses amis… Là, je me suis dit qu’il y avait vraiment un truc de louche.

A peine 2 semaines en poste, je suis toujours à l’accueil à répondre au standard, nettoyer la merde et me faire rabaisser en public. On m’avait promis que je devais intégrer les vrais bureaux, derrière, avec les autres salariés. C’est chose faite au bout du premier mois, et là, l’enfer à continué de plus bel…

Je faisais donc des relances téléphoniques pour savoir si les guests viendraient aux événements, je collais des étiquettes promotionnelles sur des boîtes de kleenex par cartons de 500, et je mettais à jour une base de données (et je continuais à me prendre dans les dents que ma couleur de cheveux – rousse à l’époque – était monstrueuse et que mes tailleurs étaient bas de gamme). Et là, j’ai commencé à discrètement et gentiment me rebeller, « je n’ai pas les moyens d’avoir des vêtements de grands couturiers », « je trouve que ma couleur de cheveux me va plutôt bien », « je ne mettrai pas de talons plus hauts car j’ai mal au dos ».

MALHEUR, qu’est ce que j’avais osé dire là ! Pour aller au but, j’ai tout simplement été blacklistée de tous les événements qu’ils organisaient, oui oui, vous avez bien lu, je n’avais pas le droit d’y assister, même pas en rêve, pourtant, je restais au bureau pour bosser jusque des heures pas possibles. Autant vous dire que le matin avant d’aller bosser, j’avais des nausées, une boule au ventre,…j’avais peur. Peur de me faire hurler dessus une fois de plus, peur qu’on me rabaisse pour tout et rien, peur de perdre mon stage. Je ne comprenais pas la situation, et je ne savais surtout pas quoi faire, ni comment réagir. Je faisais pourtant tout ce qu’on me demandait et ça n’allait toujours pas. Monsieur, lui, n’étais jamais au bureau, c’était bien dommage, car il était beaucoup plus cool que Madame, donc les jours où il était là, je savais que j’allais être un peu plus détendue. Je me revois même prier le matin, en espérant qu’il soit là, et qu’il reste au bureau toute la journée (ça n’arrivait que rarement).

Au bout de 2 mois, je n’en pouvais plus, j’étais cernée, je n’osais plus parler, j’endossais même sans broncher les conneries des autres, qui n’assumaient pas, qu’importe, cela serait sans doute une fois de plus retombé sur moi. Et là, j’ai été convoquée dans le bureau des patrons, et je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps devant cette P…, oups, cette Dame, qui avait un sourire machiavélique en coin de bouche en m’annonçant que mon stage s’arrêtait là. Toute la pression redescendait, je savais que c’était la fin. J’ai écouté pendant plus d’une heure en pleurant toutes les accusations que l’on me portait, que je n’étais pas assez consciencieuse et investie, que je présentais mal, que je ne remplissais pas toutes les qualités recherchées pour être (ou devenir) une bonne assistante comm. Cette personne était tellement méchante et sinistre que je n’ai jamais pu répondre quoi que ce soit durant ce rdv. J’ai pris mon misérable salaire (même pas complet), et je suis partie, triste mais libérée, et j’ai dans la foulée retrouvé un nouveau patron qui était aux antipodes de cette mégère, il était gentil, et m’apprenait un vrai métier.

Voilà, l’histoire est terminée, et j’avais vraiment besoin de vous la raconter, même si cela ne rentre pas dans la ligne éditoriale habituelle de mon blog…

Alors si vous vous rendez compte que vous vivez la même chose en entreprise, prenez votre courage à 2 mains, et OSEZ. Osez dire non (mais proprement), et n’acceptez pas (ou plus) qu’on vous rabaisse, personne ne mérite cela, et si les choses ne changent pas, fuyez, mais sachez que si vous acceptez dès le départ ce genre de misères, il sera très difficile de faire retour arrière et de vous imposer.  En entreprise, que le métier nous plaise ou non, on doit s’y sentir respectée dans un premier temps, et bien entourée dans un second temps. C’est la base.

Message à toi, affreuse « Co-Fondatrice », j’espère qu’un jour tu seras démasquée, et que tu recevras la monnaie de ta pièce, sache que j’ai envie de vomir rien qu’en ayant vu ta photo de profil.

Si vous aussi vous avez déjà vécu ce type de calvaire, dites-moi tout !

Rendez-vous sur Hellocoton !

3 Comments on Récit d’un stage raté, 10 ans + tard

  1. alex au pays des merveilles
    19/02/2015 at 15 h 32 min (3 années ago)

    Ton histoire, m’a beaucoup touchée ! C’est vraiment horrible que des gens puissent traiter les autres comme ça, tout ça parce qu’ ils se pensent supérieurs !
    J’ai une amie qui a vécu à peu près la même chose, mais elle, elle était en alternance. La femme du patron qui bossait aussi dans l’entreprise était horrible avec elle !! Comme pour toi, elle la rabaissait tout le temps …
    En tout cas c’est bien que tu es pu en parler même après si longtemps !

    Répondre
  2. Kaaci
    17/04/2015 at 22 h 20 min (2 années ago)

    Bonsoir,
    Je n’avais jamais imaginé que cela puisse encore arriver, pourtant cela doit être assez courant comme situation, surtout pour des stages… C’est presque du harcèlement comme comportement!
    En tout cas merci de l’avoir partager (et bravo pour avoir tenu aussi longtemps!!)

    Répondre
  3. Blu Rozey
    20/11/2016 at 15 h 33 min (10 mois ago)

    Moi j ai vecu Le meme calvaire les premiers jours de mn stage Mais je ne me suis pas laisser faire les derniers moi et celui ki me faisait chier a vecu aussi Le meme calvaire avec son patron jusqu a son renvoi definitif

    Répondre

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Comment *






%d blogueurs aiment cette page :